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TSA

Hypersensibilité et hyposensibilité : comprendre son profil sensoriel au travail

Des profils sensoriels souvent invisibles au travail et pourtant très coûteux au quotidien, entre surréactivité et sous-réactivité.

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Publié le 18 juin 20263 min de lecture

Qu’est-ce que l’hypersensibilité et l’hyposensibilité ?

L’hypersensibilité désigne une réponse très intense à certaines informations sensorielles. Un bruit, une lumière, une odeur, une texture ou une sensation corporelle peuvent prendre trop de place dans l’expérience immédiate. L’hyposensibilité décrit plutôt une perception atténuée ou tardive de certaines informations. La personne peut avoir besoin d’un signal plus fort pour le repérer, rechercher du mouvement, de la pression, du son ou une stimulation plus marquée. Chez les personnes autistes, une méta-analyse portant sur 55 études et 4 606 participants montre des profils plus fréquents de surréactivité sensorielle, de sous-réactivité sensorielle et de recherche sensorielle que dans les groupes témoins (Ben-Sasson et al., 2019).

Comment cela peut-il apparaître au travail ?

Au travail, ces particularités peuvent rester invisibles pour l’entourage tout en occupant une place importante dans l’effort quotidien. Une personne peut continuer à répondre, sourire, participer à une réunion ou rester assise à son poste alors que le bruit de l’open space, les conversations croisées, les néons, les parfums ou les vêtements deviennent progressivement envahissants. Ce qui se voit ressemble parfois à de la fatigue, à un retrait ou à une irritabilité. Ce qui se vit intérieurement peut être une saturation sensorielle, une difficulté à trier les informations ou une impression d’être exposé sans pause.

L’hyposensibilité suit parfois un chemin différent. La personne peut tarder à repérer la faim, le froid, la douleur, l’inconfort postural ou la fatigue. Elle peut aussi rechercher une stimulation qui l’aide à rester disponible mentalement, par exemple marcher quelques minutes, manipuler un objet, écouter un son familier ou choisir une place plus contenante dans une pièce. Chez les adultes autistes interrogés par MacLennan, O’Brien et Tavassoli, les expériences sensorielles ne se réduisent pas à l’hypersensibilité. Les auteurs décrivent aussi l’hyporéactivité et la recherche sensorielle, avec des variations selon les modalités sensorielles et les situations (MacLennan et al., 2022).

Que peut-on faire ?

Une première étape consiste à repérer les régularités. La question utile porte sur les conditions qui augmentent la surcharge, les situations qui rendent l’attention plus fragile et les ajustements qui aident réellement la personne à rester disponible. Le même environnement peut être supportable un jour et beaucoup plus coûteux le lendemain, selon la fatigue, l’imprévisibilité, la durée d’exposition ou le nombre de sollicitations simultanées.

La formation Altériance accompagne ce travail d’identification sans réduire la personne à ses réactions sensorielles. Elle aide à distinguer les manifestations visibles et le vécu interne, à repérer les situations de surcharge ou de sous-stimulation puis à formuler des ajustements réalistes dans un environnement professionnel. Il peut s’agir de clarifier un besoin de pause, d’anticiper une réunion longue, de choisir une place adaptée, de limiter certaines stimulations ou d’autoriser des appuis sensoriels compatibles avec l’activité.

« Comprendre son profil sensoriel, c’est retrouver une part de maîtrise sur ce que l’environnement impose au corps. »Jérôme Joffray
Références
Ben-Sasson, A., Gal, E., Fluss, R., Katz-Zetler, N., & Cermak, S. A. (2019). Update of a meta-analysis of sensory symptoms in ASD: A new decade of research. Journal of Autism and Developmental Disorders, 49, 4974-4996. Lien
MacLennan, K., O’Brien, S., & Tavassoli, T. (2022). In our own words: The complex sensory experiences of autistic adults. Journal of Autism and Developmental Disorders, 52, 3061-3075. Lien

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